Choisir une selle

PROLOGUE

 

CONNAÎTRE SON BUDGET

Pour le cavalier qui cherche une selle, la première règle à respecter est de connaitre son budget.

-Moins de 1000 €, pour une selle en promotion.
-De 1000 à 2000 €, pour une selle neuve de série, suivant modèle et sur commande.
-4000 €, pour une selle sur mesures.
-5000 €, pour une selle western.

 

CONNAÎTRE LES CHEVAUX, L’EQUITATION ET LA SELLERIE

La deuxième règle devrait être d’avoir une connaissance suffisante des chevaux, de l’équitation et de la sellerie pour pouvoir choisir seul une selle.
Pour ces cavaliers, les indications relatives aux différents modèles, aspect, tailles, dimensions, options, etc, sur chaque page du site sont suffisantes.

Pour les 99% restants, il faut apprendre (Une cavalière me disait un jour qu’elle « voulait savoir, mais pas apprendre »; à part être visitée par le St Esprit, je ne vois pas trop…).

Pour apprendre, il faut commencer par lire ce qui suit (entre autres choses), me consulter éventuellement, et expérimenter.

Pour ceux qui ne veulent pas apprendre, il reste le hasard, la chance, la prière au St Esprit sus-mentionné, et surtout, d’avoir des chevaux solides.

 

CONSULTATIONS CHEVAL-SELLE-CAVALIER

Le but d’une consultation est de proposer une analyse de la morphologie et de la locomotion du cheval en main et monté, de l’équitation du cavalier, et de définir la géométrie de la selle nécessaire au bon fonctionnement du couple quelle que soit la discipline pratiquée.

Le coût de la consultation est de 100 euros par cheval et par cavalier, la durée de 2 à 3 heures.

Les consultations peuvent se dérouler chez moi, ou ailleurs avec frais de déplacement.

 

SELLES HUGUES PETEL :  LE CONFORT RELATIONNEL

Je n’ai jamais blessé un cheval.

En 40 ans, sur des milliers de kilomètres de promenades, de longues randonnées, de courses d’endurance de tous niveaux, de dressage (à part les miens, je n’ai jamais vu un cheval d’endurance ou de randonnée capable d’enchaîner reculer en serpentine, galop, série de changements de pieds, reculer, etc), je n’ai jamais blessé un cheval.

Et je ne suis pas un grand cavalier. Alors, pourquoi ?

Parce que j’ai créé les selles au plus grand confort relationnel qui existent.

Tous les cavaliers cherchent le confort pour eux et leurs chevaux, et peu savent qu’il passe par la relation générée par la selle.

Il ne suffit pas qu’une selle soit « à la taille » de l’un et de l’autre pour que le confort soit présent, ni même « sur mesure » (j’ai monté beaucoup de chevaux différents, et je n’ai jamais fait pour aucun d’eux de selle sur mesure…Mais si un cavalier en veut une, il suffit de débourser 4000 €).

Le confort qui assure bien-être et longévité au cheval comme au cavalier, que l’on soit promeneur, voyageur, endurant, ou dresseur, est une construction permise par la locomotion du cheval donnée par le cavalier et transmise par la selle.

Le confort est la position juste du cavalier qui entraîne la locomotion juste du cheval qui à son tour assure le confort du cavalier.
Le confort est un cercle relationnel vertueux.

De plus, dans une époque où le grand public a un regard de plus en plus critique sur le monde équestre (parfois avec raison, parfois aussi par ignorance anthropocentrique), où l’équitation sera bientôt perçue comme une maltraitance animale (vaste question…), où tous les professionnels devront justifier de « bonnes pratiques », où blesser un cheval, même involontairement, sera bientôt un délit punissable par la loi (ce qui est déjà le cas si la maltraitance est avérée volontaire), il est peut-être judicieux de se demander pourquoi des cavaliers blessent les chevaux, et d’autres, non.

Assises de la filière équine, jeudi 7 novembre 2019, à Angers:
« L’affaire est suffisamment importante pour que le Barreau de Paris s’en saisisse : Me Blanche de Granvilliers, cavalière à Maisons-Laffite, est avocate spécialisée en droit équin. « Plus les professionnels se saisissent de la question du bien-être du cheval, plus ils ont raison. La question ne doit pas seulement concerner les associations animalistes. Les progrès de la science ont montré que les animaux sont des êtres vivants et sensibles, pas des machines : la société s’est saisie de la question. Je ne crois pas qu’on interdira un jour de monter à cheval. Je crois qu’il faut apprendre à monter autrement ». »

Moi, ça fait 25 ans que j’ai compris qu’il faut monter autrement, et que je fabrique les selles en conséquence.

 

QUELQUES DONNÉES ÉLÉMENTAIRES SUR LA SELLE

Aujourd’hui, la plupart des cavaliers qui cherchent une selle sont conscients de la nécessaire adaptation de la selle à la morphologie du cheval.
Peu en revanche savent l’influence de la locomotion sur le développement morphologique, et moins encore celle de l’équitation pratiquée sur la locomotion et donc sur la morphologie.
Toutes disciplines confondues, les cavaliers connaissant l’impact direct de la selle sur l’équitation pratiquée, par les deux facteurs essentiels que sont la position et la transmission, sont une infime minorité.
Les selliers sont malheureusement encore moins nombreux, ceci expliquant cela. Si tous les selliers proposaient des selles justes (on verra plus loin ce qu’est une selle juste), les cavaliers, même ignorants en équitation, auraient au moins un ressenti juste qui aurait quelques chances de les conduire à une équitation juste, c’est-à-dire efficace, économique de moyens, précise, discrète et préservatrice du cheval comme de l’humain, que ce soit en promenade, en endurance, en voyage, en dressage ou en équitation de travail.
On en est très loin, et c’est pourquoi ces lignes s’adressent autant aux jeunes selliers qu’aux cavaliers. Si elles contribuent à l’avancée de la connaissance et au bien-être des chevaux, je n’aurai pas perdu mon temps.

Je précise que ce qui va suivre ne concerne que les pratiques équestres où le cavalier est en contact avec la selle. Je ne traite pas de la sellerie propre à des disciplines comme l’obstacle, la course sur hippodrome, la voltige, etc, qui ont leur légitimité mais qui ne m’intéressent pas sur le plan relationnel avec le cheval, et pour lesquelles je ne fabrique donc pas de selles.
Ce que je vais décrire et conseiller ne vient pas ex nihilo.
C’est le résultat de décennies d’équitation avec tous types de selles, de lecture de 100 ou 150 livres sur le sujet, et d’une vie avec les chevaux.

 

Partons donc de la morphologie du cheval.

 

CHOIX DU CHEVAL

Le choix du cheval doit mettre en correspondance les morphologies du cheval et du cavalier.
Comment s’étonner, dès lors qu’on mesure 1,75 m et/ou pèse 80 kg de « ne pas trouver de selle qui va » si on a choisi un poney d’1,3 m et 200 kg ? Le sellier ne peut rien contre ce type d’incohérence.
Personnellement, je n’ai pas la solution pour fabriquer une selle de 35 cm de long côté cheval avec un siège de 42 cm pour le cavalier…

 

POSER LA SELLE SUR LE DOS DU CHEVAL

La zone qui nous intéresse ici directement est l’endroit ou repose la selle, à savoir les muscles situés de la verticale du creux de l’épaule jusqu’aux lombaires.
La selle doit être posée derrière les épaules, pour que l’avant des panneaux s’inscrive dans le creux entre l’épaule et le garrot.
Ce qui compte est le dos, et non la largeur des épaules. Un cheval peut être « éclaté » devant et avoir le garrot sorti et fin, il suffit de ne pas le monter comme un bodybuilder…
Monté dans le bon sens, un jeune cheval ne va pas épaissir son garrot, mais l’affiner, tout en acquérant du muscle en avant-main et en arrière-main.
« Muscler le dos du cheval », volontairement ou pas, est un non-sens équestre.
Pour ma part, j’ai toujours monté mes chevaux avec la même selle, du débourrage jusqu’à leur retraite… et des milliers de km d’endurance, de randonnée et du dressage ne leur ont jamais élargi le garrot.

On peut aussi tordre le cou à une théorie qui veut que la selle n’aille pas au-delà de la 17ème dorsale, sous peine de blesser immanquablement le cheval. Quiconque connaît la plupart des selles de travail de par le monde et connaît la structure musculaire et osseuse du rachis sait qu’une selle peut aller jusqu’aux lombaires sans dommage si elle est correctement construite et utilisée. On remarquera d’ailleurs que cette théorie est véhiculée principalement par des selliers ou des cavaliers qui ne connaissent que la selle anglaise (il est tristement humain de prétendre que ce que l’on ne sait pas faire ou utiliser est mauvais…), laquelle est conçue sur une arçonnerie – qu’elle soit fabriquée en France ou ailleurs- qui ne permet pas une longueur conséquente sans générer de désordres du fait de la position aberrante du cavalier qu’elle engendre (j’y reviendrai).
J’entends également parfois dire qu’une selle ne va pas parce qu’elle touche les épaules… Heureusement, sinon je ne vois pas bien comment elle ne partirait pas sur l’encolure ! Il y a une différence entre toucher et comprimer (et je rappelle que la structure trapézoïdale des épaules fait que le scapulum s’efface en grande partie sous la base de l’arcade avant quand l’antérieur est au soutien… et on remarquera que l’arcade avant en forme de compas des arçons des selles type anglais est une entrave manifeste à cette nécessité d’effacement!).

 

LE SANGLAGE

L’ajustement du sanglage, important, est très simple.
La selle étant en place sur le dos, sangler ne doit pas modifier sa position.
Quoi que l’on essaye de faire, la sangle ira toujours au passage de sangle, de sorte que l’ensemble selle-sanglage-sangle aille à la circonférence la plus courte du tronc du cheval.
Il faut donc, pour que la selle reste en place, une triangulation avec 75% de la tension sur le sanglon avant à la verticale du passage de sangle.

Ces généralités étant dites, deux critères sont à prendre en compte pour le choix de la selle relativement au cheval ; la forme du dos et largeur du garrot.

 

FORME DU DOS

Le dos, plus ou moins creux, plus ou moins tendu, indiquera le galbe minimal de la selle.
La selle doit être posée sans tapis dans un premier temps pour s’assurer de l’adéquation de son galbe au dos, puis avec le ou les tapis qui seront utilisés compte tenu de la sensibilité dermique du cheval.
Un cheval à la peau fine et fragile ne demandera pas le même tapis qu’un animal rustique.
Par ailleurs, beaucoup de chevaux creusent le dos montés par le cavalier, et il vaut donc mieux trop de galbe que pas assez.

 

LARGEUR DU GARROT

Pour quasiment tout le monde, déterminer la largeur du garrot, quel que soit l’outil de mesure employé, donne ipso facto l’ouverture de l’arcade avant de la selle (de la même manière que des bottes de 42 devraient aller à un cavalier qui chausse du 42). Si le cheval était un être statique, cette prise de mesure, importante (je ne dis pas nécessaire, quelques très bons cavaliers s’en dispensent sans problème, mais c’est un sujet beaucoup plus complexe que ces quelques propos généraux) suffirait, mais elle est souvent insuffisante (je ne dis pas toujours, certains chevaux ont des formes de garrot qui exonèrent de plus longues investigations), et c’est ici que la locomotion est à considérer.

Avant cela, dès que le cavalier met le pied à l’étrier, une évidence apparaît : les chevaux à garrot noyé sont toujours problématiques. Avant même de bouger, l’absence de garrot sorti compromet la stabilité de la selle et nécessite de sangler à outrance et d’utiliser collier de chasse et/ou croupière.

Pour un cavalier, choisir un cheval sans garrot est grandement se compliquer la tâche… Et là encore, le sellier n’y pourra pas grand-chose, on n’empêche pas une selle, même « sur-mesure », de tourner sur un cheval rond (il est possible, pour un cavalier érudit, de « sortir » le garrot d’un cheval de plusieurs cm en quelques années, mais c’est un autre sujet…).

En observant les garrots épais, on remarquera l’existence d’un muscle de part et d’autre des apophyses -là où porte la base de l’arcade avant de la selle-, le trapèze thoracique, qui se contracte -et donc accroît son épaisseur- à chaque fois que l’encolure du cheval s’incurve du côté considéré, ou à chaque fois que l’antérieur est au soutien.
C’est d’autant plus le cas si le cheval a une locomotion tête en l’air et dos creux, locomotion innée ou acquise ou renforcée par le cavalier.
On trouve cette morphologie à trapèze thoracique épais dans toutes les races, atténuée ou amplifiée par l’équitation pratiquée.
Par exemple un Quarter au garrot épais qui évoluera tête basse en extension d’encolure -type attitude de cutting- aura peu ou pas de problème, un Lusitanien au garrot idem monté en dressage de manière à lui fléchir les postérieurs s’en sortira peut-être, alors qu’un Arabe d’endurance monté « en poussant-tirant » par son cavalier va droit aux dorsalgies.
Cette contraction alternative des trapèzes thoraciques deux fois par foulée est à l’origine de 90% des apparitions de poils blancs au garrot par compression excessive des capillaires sanguins. Le cas, heureusement peu fréquent, d’aggravation jusqu’au « mal de garrot » peut arriver.

D’une manière générale, on considère que la pression sur le garrot, continue ou répétitive, sera nocive si la pression générale de la selle, compte tenu des épaisseurs et densités des panneaux et du ou des tapis dépasse 80 g/cm2. C’est une donnée à prendre en compte par les selliers dans la fabrication de la selle, et à savoir évaluer par le cavalier pour le choix du tapis devant équiper une selle et un cheval déterminés.

 

POSITION DU CAVALIER

C’est du côté du cavalier qu’il va falloir se pencher pour résoudre le problème de la pression continue ou répétitive, en la rendant aussi discontinue et non répétitive que possible.
La solution passe d’abord par la fixité du cavalier, rendue possible par la géométrie du siège et le rapport entre son creux et l’étrivière, et subséquemment par quelques techniques équestres élémentaires, pour aller plus loin.

Sans entrer dans les conditions anatomiques et équestres qui la sous-tendent (ces quelques lignes ne sont que des indications de base, pas un traité sur la sellerie ou l’équitation), tout sellier ou tout cavalier devrait connaître la règle fondamentale suivante de la selle juste :
LA DISTANCE ENTRE LE CREUX DU SIÈGE ET L’ÉTRIVIÈRE NE DOIT JAMAIS DÉPASSER 8 CM.
Elle peut être inférieure pour certains cavaliers, mais son dépassement engendrera toujours une diachronie entre le cheval et le cavalier, donc une position erratique (communément dite « avoir le cul dans la brouette ») et une équitation fausse.
Une distance trop importante entre le creux du siège et l’étrivière, donc un déficit de verticalité pour le cavalier, engendre autant de dorsalgies pour le cheval (et souvent un inconfort patent pour le cavalier, avec douleurs articulaires à la clé) qu’une selle inadaptée, par manque de fixité.
On pensera par exemple aux selles anglaises ou western « trop longues », où le cavalier est assis contre le troussequin avec les pieds sous l’arcade avant… et aux chevaux avec du poil blanc au garrot et aux dernières dorsales…
C’est ce rapport, et rien d’autre, qui donne la position au cavalier et lui fixe l’assiette, donc ses jambes et ses mains, et permet l’équitation juste.
Le travail du sellier, qu’il est inutile de décrire ici, consiste ensuite à positionner les hanches du cavalier en jouant sur la distribution des poussées de l’arrière du siège sur l’anatomie du cavalier -c’est-à-dire à libérer ses doigts- et à amplifier la vitesse de transmission entre le cheval et le cavalier par la structure interne de la selle.

La position juste sur une selle juste est donnée par le schéma suivant:

position du cavalier

 

Lorsque le bassin est positionné, l’assiette, les jambes et les mains sont fixes, les coudes ne sont jamais devant les hanches, les doigts et les hanches sont mobiles.
Le potentiel de confort relationnel est alors au maximum.

 

DESTINATION DE LA SELLE

Tout ce qui est décrit précédemment est général à mes selles, avec des spécificités selon les modèles.
La série SELLES D’ÉQUITATION D’EXTÉRIEUR privilégie le relationnel et le potentiel de transmission pour permettre une communication très fine avec le cheval, quel qu’en soit l’usage.
La série SELLES DE LOISIR (Cavalerie, Chevauchées, Lands, Trec, Vagabonde, Sentiers, Parcours) est conçue de manière à proposer une verticalité et un relationnel simples et accessibles à tous, pour un usage de promenade et de petite randonnée.
La série SELLES DE VOYAGE (Aventure, Voyages, Longues Distances, Globe Rider, Globe Runner), dans la même verticalité que les selles de loisir, est destinée à la longue randonnée, avec des caractéristiques techniques propres à cette pratique.
Les SELLES WESTERN sont construites également dans le souci de verticalité nécessaire au confort et à l’efficacité du cavalier.

C’est au cavalier qu’il convient de choisir la selle qui lui fait envie, une fois déterminés les modèles possibles pour le cheval.
Si on en a envie, il est parfaitement possible d’utiliser une Aventure ou une Light, par exemple, pour monter deux heures le dimanche dans le seul but du plaisir de s’imaginer en voyage ou d’être en communication fine avec son cheval.

Dans la limite du respect mental et physique du cheval qui est de la responsabilité du cavalier, l’équitation est un domaine de liberté.

 

LE TAPIS

Souvent sous-estimé, le choix du tapis est essentiel.
Tous les chevaux et toutes les selles ne demandent pas le même tapis, et toutes les activités, avec le même cheval, non plus.
Il est fréquent que des « problèmes de selles » soient seulement des problèmes de tapis.

Pour un usage de promenade, avec une selle à arçon simplement couvert cuir, il faudra un tapis avec surface portante et un bon amorti, de densité moyenne et d’épaisseur de 2 à 3 cm. Il y a d’excellents tapis western, qui font très bien l’affaire.
Avec une selle à panneaux cuir et feutre ou cuir et mousse, on pourra diminuer légèrement l’épaisseur, dans la même densité moyenne.

Pour un usage de randonnée, le tapis western sera utilement doublé d’un protège-sueur.

Pour un usage d’équitation plus sensitive, de la sortie de 2 heures à la course d’endurance de 160 km, le tapis sympamousse sera un excellent complément aux selles de la gamme « Equitation d’extérieur ».
Quand je courais une 160km, j’utilisais un seul tapis, le même que dans les sorties quotidiennes, pour toute la course. Les cavaliers avec des selles anglaises utilisant 6 tapis en mouton pour une course avec des pads de dos et de garrot supplémentaires m’ont toujours paru surréalistes… C’étaient d’ailleurs souvent les mêmes qui montaient en suspension… Comme si certaines selles avaient un lien évident entre manque de verticalité, maltraitance du dos du cheval, et défaut de transmission…

 

Quand j’avais plusieurs chevaux et que nous étions plusieurs cavaliers,
à chaque cavalier sa selle, à chaque cheval son ou ses tapis.

 

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Ces indications sont suffisantes pour se promener, randonner, voyager, courir en endurance, dans de bonnes conditions.

Le cavalier en recherche de selle peut s’en tenir là.
Plus encore, je lui conseille vivement de ne pas lire ce qui suit, tant qu’il ne montera pas avec mes selles.
A moins d’avoir une culture équestre un peu avancée, et encore, il est difficile pour beaucoup de comprendre ce que je décris sans pouvoir y associer le ressenti correspondant.
Ils risquent donc de prendre peur et de se sauver acheter une selle ailleurs, ce qui serait dommage pour leurs chevaux, et pour moi…

Pour ceux qui ont choisi mes selles, il est possible d’aller plus loin, d’utiliser plus avant leur potentiel, pour entrer dans une relation hors du commun avec le cheval.

 

 

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LE CONFORT RELATIONNEL, POUR ALLER PLUS LOIN

 

On a vu la nécessité pour le cheval dorsalgique d’être monté avec une selle juste, donnant verticalité et fixité au cavalier. Par la seule logique de la selle, le cavalier retrouve une position préservatrice de la santé du cheval.
Il est peut-être plus judicieux de ne pas attendre les pathologies pour adopter ce genre de matériel et d’équitation.
Monter à cheval dans le confort relationnel est sans aucun doute curatif, mais c’est également préventif (une ostéopathe m’a dit un jour que mes chevaux n’auraient jamais besoin des services de sa profession, vue l’équitation que je pratiquais…), et source d’un plaisir intense de communication avec le cheval.
Dans tous les cas, la base matérielle est la même, et les techniques équestres qui s’y rattachent également.
Je vais en indiquer quelques unes, très simples, à la portée de tout cavalier.

Mais auparavant, je dois préciser quelques termes évoqués plus haut.

 

L’ASSIETTE FIXE

On parle d’assiette fixe quand le bassin reste en contact permanent avec le siège de la selle, entre le périnée et les ischions. Sa position, entre rétroversion et antéversion, dépend de la géométrie du siège, qui donne une tendance générale, et des indications que le cavalier souhaite transmettre au cheval.
Chez un cavalier, considérant que le point fixe est la surface périnée-ischions, le bassin est dit en antéversion quand les hanches avancent, en rétroversion quand les hanches reculent.
Les hanches pas plus que l’assiette ne « balayent » rythmiquement le dos du cheval au gré de ses allures. La bascule  des hanches sur le point fixe de l’assiette ne change que pour demander une allure, une vitesse, une transition, dans lesquelles elle se tient jusqu’à la demande suivante.
Soit dit en passant, on voit certains cavaliers d’endurance faire des courses entièrement en suspension, où le bassin peut être fixe, mais où l’assiette est inexistante ; je n’ai jamais compris comment on pouvait volontairement se passer d’un vecteur de communication aussi précieux que l’assiette…
Sur le plan des allures, la fixité induite par la verticalité transforme immédiatement la grande amplitude horizontale de déplacement du corps du cavalier au trot enlevé en une légère amplitude verticale (avec remerciement au passage du garrot et des lombaires!), rend les notions de « galop assis » et « galop en suspension » obsolètes au profit d’un galop à position verticale jambes semi-fléchies avec l’assiette dans la selle, et rend les transitions d’allures et de directions aussi fluides que rapides.

Avec une selle ayant une capacité de transmission décente, une mobilisation de ses hanches par le cavalier limitée à une très légère contraction des muscles lombaires est parfaitement perceptible par le cheval.

 

LA MAIN FIXE

La main fixe est un des concepts les plus drôles de la littérature équestre !
On y trouve les définitions les plus exotiques…
Un manuel officiel la représentait à une époque avec un dessin de deux bras de cavaliers, rênes tendues, animés de mouvements de va-et-vient d’avant en arrière figurés par deux flèches opposées ! C’est exactement la fixité de ma main quand je scie une planche avec une égoïne ! J’imagine que pour le Galop suivant on passait à la tronçonneuse…
Mais je laisse au cavalier qui voudra rire un peu le plaisir d’aller voir de lui-même dans les livres.
Avec un peu de perspicacité, il s’apercevra vite que la définition de la main fixe dépend de ce qui est considéré comme fixe dans l’univers technico-matériel mental de l’auteur, et c’est rarement le composé siège-assiette.
De la même manière, il est toujours question de main, jamais de doigts.
Il ne faut pourtant pas beaucoup de subtilité pour s’apercevoir qu’un cheval sent les vibrations des doigts du cavalier comme il en sent les frémissements lombaires…
Une simple selle suffit.

Avec une selle conçue correctement, la définition de la main fixe est la suivante :

La main est fixe relativement à l’assiette, et les doigts sont mobiles relativement aux hanches.

Si l’on préfère,
sans assiette fixe, pas de main fixe,
les deux permettant que les doigts et les hanches se répondent par leur mobilité.

Les rênes étant tenues dans chaque main par la pression du pouce sur l’index, les doigts de la main fixe sont fixes et semi-ouverts, les demandes de la main demandant se faisant par la variation de la semi-ouverture de l’auriculaire.

On comprend alors qu’une selle n’est pas faite pour amortir les mouvements erratiques et désordonnés du cavalier, mais pour amplifier ses demandes à partir d’une position précise… et conduire d’une équitation de talons et de mains, voire de bras, à une équitation de hanches et de doigts. C’est beaucoup plus fin, plus rapide, plus efficace, et tout le monde en est bien plus reposé !

 

Revenons donc un peu en arrière.

 

PRESSION CONTINUE OU REPETITIVE

Il peut paraître paradoxal que verticalité et fixité soient remèdes à la pression continue ou répétitive sur le dos et le garrot.
C’est en fait parfaitement logique.
La pression répétitive est le fait principalement du décalage trop grand entre creux du siège et étrivière. Dans cette situation, chaque transition de vitesse, d’allure, de direction, qui fera passer le cavalier du fond du siège à un équilibre sur les étriers créera en même temps un appui de la masse totale du cavalier sur un seul point du dos du cheval.
Le cas le plus évident est le trot enlevé, où le cavalier est alternativement au dessus du garrot et contre le troussequin. Répété des milliers de fois, kilomètres après kilomètres, le résultat est facile à comprendre.
A l’époque où l’endurance se courait beaucoup au trot, j’avais fait la preuve statistique de ce phénomène chez les cavaliers de courses nationales en corrélant pourcentage d’éliminations et géométrie de la selle.
Dans mon expérience personnelle de cette discipline, mes chevaux ont connu moins d’éliminations que la moyenne, alors qu’ils n’étaient pas spécialement aptes à cette pratique (on m’a dit à propos d’un de mes chevaux qui avait gagné plusieurs courses de 90 km : « Pourtant, qu’est-ce qu’il est moche ! », et un juge-vétérinaire à la fin d’une 160 km courue à 18,4 km/h d’un autre cheval, « atypique » selon l’entraîneur national quelques années auparavant : « Normalement, un cheval comme ça ne peut pas finir ! »).

Dois-je préciser que le confort relationnel de mes selles m’a toujours permis de connaître très exactement ma vitesse sans GPS (sur piste de 400m, marge d’erreur de 2 secondes maximum…), et d’avoir une perception du métabolisme de mes chevaux suffisante -sans cardio-fréquencemêtre embarqué- pour ne jamais les avoir eu en soin à l’issue d’une course ?

Le cas de la pression continue est un peu plus subtil et demande un petit détour par le concept de cession de mâchoire.

 

LA CESSION DE MÂCHOIRE

Ce paragraphe risque de paraître un peu ésotérique pour beaucoup.
Le petit effort de compréhension qu’il demande (promis, j’essaye de faire simple!) est rendu au centuple par les bienfaits que le cheval et le cavalier en retirent.

Assiette fixe, hanches mobiles, mains fixes, doigts mobiles conduisent à la notion la plus fondamentale de toute l’équitation : la cession de mâchoire.

Elle est l’alpha et l’omega de la communication équestre et du confort relationnel.

Décrite il y a 150 ans par Baucher, abondamment utilisée par ses épigones, oubliée pendant des décennies, hors quelques franc-tireurs du monde équestre, sous le joug des antagoniques équitations sportives et néoclassiques, elle a quasiment resurgi vers l’année 2000 sous la plume brillante de Racinet, pour le plus grand bonheur des cavaliers d’extérieur dont elle est la clé vers le cheval dressé (Il y a une quinzaine d’années, j’avais initié un célèbre cavalier-voyageur-écrivain au bauchérisme lors d’un forum des Cavaliers au Long Cours avec un de mes chevaux d’endurance que j’y avais emmené pour finir de le préparer pour une nationale ; séduit par la méthode, il avait contacté Racinet -un des très rares auteurs à avoir compris quelque chose au bauchérisme depuis 50 ans- qui s’était dit « flatté d’avoir un rang d’honneur parmi les randonneurs ! »).

Aujourd’hui encore, bien qu’en plein renouveau chez de plus en plus de cavaliers alternatifs, pour la quasi totalité des cavaliers d’extérieur, le bauchérisme n’évoque pas grand-chose, et la cession de mâchoire encore moins.
Elle est d’ailleurs singulièrement absente de l’enseignement de l’équitation en général.

Je vais donc la décrire dans ce qui est « couramment » connu, et montrer le lien que mes selles entretiennent avec elle.

Une définition relativement consensuelle de la cession de mâchoire pourrait être celle-ci (en sachant que certains discutent même des mots de l’expression…) ;
La cession de mâchoire est l’ouverture de la bouche réalisée par le cheval pour lâcher le mors, en provoquant décontraction physique et mentale générale.

Quand Baucher l’a découverte, par hasard et à l’arrêt, il en fut si interloqué qu’il baptisa d’emblée « légèreté » la sensation de ne plus avoir d’appui dans les mains (avec « main fixe », « légèreté » est l’autre mot très drôle de l’équitation ; tous les auteurs, qui parfois se détestent cordialement, détiennent chacun la Vérité sur la « légèreté »…). Il a ensuite passé sa vie à essayer de rationaliser cette découverte fortuite (là, je pense que je viens de battre un record du monde: résumer le bauchérisme en deux phrases !).

De mon côté, j’ai perçu la cession de mâchoire avec mon premier cheval destiné à l’endurance quand il n’était encore qu’en débourrage, à l’époque où je concevais mes premières selles.
Ce cheval généreux et intelligent me la donnait en réponse à des demandes inappropriées (pour tout dire, j’essayais avec lui un dressage néoclassique -épaule en dedans et autres incongruités de la même usine à gaz-, et cette méthode a été la plus grande perte de temps de ma vie équestre…). J’ai commencé à le comprendre quand j’ai commencé à l’écouter et à dialoguer avec lui à travers mes selles.
La lecture des auteurs bauchéristes (pour les curieux, lire au moins Baucher, Faverot de Kerbrech, Beudant, Racinet) m’a aussi aidé à comprendre la cession de mâchoire, à la conceptualiser et à la traduire en technique de sellerie.

J’ai en effet très rapidement compris qu’il fallait la chercher par la selle (les flexions en mains -les initiés connaissent- sont pour moi sans intérêt), dont la géométrie et la structure devaient permettre au confort relationnel de transiter des postérieurs à la langue du cheval via l’assiette fixe, les hanches mobiles, les mains fixes et les doigts mobiles du cavalier.

Le point fondamental à comprendre, dont je n’expliquerai pas les raisons anatomiques et fonctionnelles ni la portée métabolique sous peine d’ennuyer mortellement les quelques cavaliers qui ont eu le courage de lire ces lignes jusqu’ici, est le suivant :

La cession de mâchoire est concomitante du poser du postérieur engagé, instant de résistance de force minimal dans la foulée, avec pour effets consécutifs fléchissement des articulations postérieures, développement musculaire de l’arrière-main jusqu’aux lombaires, extension d’encolure, tension du ligament supra-rachidien, élévation du garrot, et point qui interpellera particulièrement le cavalier au cheval dorsalgique en recherche de selle, aplatissement des trapèzes thoraciques et des dorsaux…

Et qui dit aplatissement des muscles sous la selle dit plus grande répartition de la pression, donc diminution d’autant.

Autrement dit, en enseignant à un cheval la cession de mâchoire avec une selle au confort relationnel approprié, on le met dans les dispositions les plus favorables à l’équitation d’extérieur -un dressage un peu différent des bodybuilders des rectangles officiels et des néoclassiques…-, en lui préservant le dos.
N’est-ce pas merveilleux?

Les cavaliers d’extérieurs peuvent se dire que tout ceci n’est qu’élucubrations qui ne les concernent guère.
Pas si sûr…
Outre la question du dos et de la selle, et sans parler du plaisir de l’intimité physique et mentale avec le cheval, les bénéfices de la cession de mâchoire sont permanents.
Celui qui, en promenade ou en randonnée, n’a pas eu besoin à un moment d’un cheval réactif et précis n’a probablement pas beaucoup fait de km!
Et petite anecdote pour les « endurants »: il y a une vingtaine d’années, l’entraîneur national me disait que le meilleur cheval qu’il ait connu était capable de manger en galopant…
Or, le rythme de la mastication est très exactement celui de la cession de mâchoire cadencée au galop!
Ce qui revient à dire que c’est dans cet état que le cheval est au maximum d’harmonie mental-locomotion-métabolisme.
Avoir galopé 100, 130, 150 km, avec un cheval dans cet « esprit » est une sensation qui ne s’oublie jamais.

Le Général L’Hotte, bauchériste à ses heures perdues, évoquait, au moment où le cheval donnait la fameuse « légèreté », la « sensation d’une nappe d’eau sous la selle ». L’image est assez juste et rend assez bien compte de la fluidité du phénomène, mais il faut y ajouter la sensation très claire pour le cavalier d’être traversé par la décontraction bouche-dos-postérieur le long du système doigt-main-hanche-assiette.

Et les lecteurs attentifs auront remarqué que les « s » sont tombés…

Mais avant d’expliquer cette chute singulière, encore deux petits détails, et un pluriel.

 

ON NE BÂILLONNE PAS CELUI QUE L’ON VEUT ECOUTER

La mâchoire qui cède est une ouverture.
Le cheval doit donc avoir les moyens matériels d’ouvrir la bouche.
Il ne doit donc avoir ni muserolle, ni aucun enrênement contraignant.
En passant, il suffit de voir le nombre de cavaliers monter avec ces instruments pour voir qui connaît le phénomène !
Il est même courant d’entendre dire qu’il faut « empêcher le cheval d’ouvrir la bouche pour qu’il soit sur la main ». Pour le cavalier d’obstacle, peut-être. Au cavalier de randonnée, d’endurance et au dresseur, je souhaite bien du plaisir, ainsi qu’à leurs chevaux…
Le seul intermédiaire entre les doigts du cavalier et la langue du cheval est un mors (pour ma part, de bride, mais chacun fait comme il le sent, et le cheval a son mot à dire) et une paire de rênes en cuir lisses et fines. On ne discute pas avec quelqu’un un manche de pioche dans chaque poing…

Voir un cheval ouvrir la bouche quand on est à côté est très facile.
Sur son dos, c’est un peu plus délicat !
Tant que les cessions sont erratiques ou interrogatives de la part du cheval, elles sont précédées d’une déglutition du mors, c’est-à-dire que le cheval remonte le mors avec sa langue, ce faisant, écarte les montants de bride de ses joues, avale sa salive et relâche le mors, avec retour des montants contre les joues.
Soit dit en passant, associer salivation abondante, voire dégoulinante, et décontraction est un non-sens absolu, dont je me demande comment il a bien pu germer dans l’esprit dément d’un cavalier… Comme chez l’humain, et chacun peut en faire l’expérience, c’est le contact, la pression, l’appui, donc le contraire du relâchement et de la décontraction, d’un objet solide sur les glandes salivaires -dents, palais, mors,aliment, etc- qui les stimule. Si le cheval de voyage, être décontracté par excellence, salivait en conséquence, sa trace ressemblerait à celle d’un gastéropode géant!
C’est ce mouvement des montants de bride que peut voir très facilement le cavalier.
A un stade plus avancé, (mais c’est anticiper pour le moment), le cavalier perçoit et reçoit la cession dans la variation de demi-tension de la rêne sur la main fixe.

La cession de mâchoire est un langage.
En tant que tel, elle est générative.
Elle est donc multiple et polysémique.
Il y a autant de relation entre la cession exprimée par le poulain et celle échangée par le cheval éduqué qu’entre la glossolalie du nourrisson et « La critique de la raison pure » de Kant lue à voix haute.
L’articulation physique est la même, mais le sens pas tout-à-fait…
Du « machouillage » inquiet du poulain à qui on met un mors pour la première fois à la caresse rythmée de la langue bouche fermée sur le mors du cheval sur 160 km qui harmonise ses flux locomoteur, métabolique et mental, il y a une certaine progression de la syntaxe…
Pour l’anecdote, regardez les mouvements de lèvres des chevaux au cinéma montés avec muserolle par des cavaliers pas toujours très fins à qui on a fait répéter la même scène dix fois… On les entend penser depuis le fond de la salle !

 

DEMANDER LA CESSION DE MÂCHOIRE

Après cette longue digression un tantinet soporifique sur la cession de mâchoire -expliquer l’ouverture de la bouche des chevaux fait souvent bailler les cavaliers…-, passer de doigts-mains -hanches-assiette à doigt-main-hanche-assiette nous rapproche du concret (« Enfin! » doit-on se dire…).

Il est communément admis que la cession de mâchoire est demandée par vibration de la rêne.
D’emblée, on remarque qu’il s’agit d’une demande, pas d’un ordre…
Et avec un peu de jugeote, on devine que ladite rêne ne peut pas être tendue (on imagine la bouche du cheval dont une rêne vibrerait comme une corde à piano!). Elle doit être en « demi-tension »,  sur une longueur variable à l’appréciation du cavalier relativement à la réaction du cheval.
Pour être un peu plus juste, étant au pas, UNE main est absolument fixe, pendant que LE petit doigt de l’autre main vibre sur la rêne pour la faire onduler, à un rythme de 3 vibrations par seconde au moment où le postérieur est engagé du côté de la main de la demande pendant trois foulées en le « laissant passer » sous sa hanche.
En quelque sorte, c’est comme si on tapait en morse latéralement les trois « s » qui sont tombés du même côté…

On comprend à ce stade qu’il vaut mieux avoir une selle avec une capacité de transmission suffisante pour sentir le moment de l’engagement du postérieur et ajuster la position de sa hanche en conséquence…
Sans cela, on risque de taper un drôle de charabia pour le pauvre cheval, qui pourrait bien prendre son cavalier pour un parkinsonien!

Le temps de réponse dans le jeu de la demande est rarement immédiat.
Chez un jeune cheval, il peut être rapide. Il peut comprendre après quelques séries seulement.
Pour un cheval à la bouche blindée par des années de mains en béton, ça peut être plus long…

Toute la suite découle de la capacité du cheval -qu’il apprendra à acquérir-  à conserver la cession de mâchoire, et à son transfert progressif de la main demandant vers la main fixe:
-rêne d’appui par rêne externe sur la main fixe,
-transitions montantes avec main fixe impulsive sur les hanches donnant la structure de l’allure,
-transitions descendantes par indication de la structure de l’allure par les hanches sur la main fixe,
-reculer par recul de la main de la cession, puis de la main fixe, sur l’avancée des hanches,
-pas compté par cadence des hanches sur la main fixe
-cadence du galop par les hanches
-alternance de deux temps et quatre temps au reculer par les hanches,
-changement de pied au galop par déstructuration-restructuration de l’allure par hanches impulsives sur fermeture de l’auriculaire de la main du galop et inversion de la main fixe,
-etc…

Le tout avec, à chaque fois, la main fixe et la maîtrise de l’engagement des postérieurs du cheval par les hanches du cavalier, via la selle.

 

Toujours là?
Vous conviendrez que tout ceci est extrêmement simple et logique.
Surtout avec la selle adéquate.